Littérature Francophone

Lundi 2 novembre 2009

Présentation de l'éditeur

Rien ne semble devoir troubler l'existence que mène la famille Sertilanges à Draguignan. Robert, le père, est un employé modèle au bureau de poste municipal ; Brigitte, mère au foyer, s'occupe à merveille de leurs trois enfants : Cécile et Arthur, les deux plus grands, adolescents « normalement » rebelles et capricieux, ainsi que la petite dernière, Zoé, une adorable chipie âgée de dix ans - la narratrice de l'histoire. Un premier événement vient perturber cette vie tranquille, agréable et harmonieuse. Robert, promu, est muté à Paris. Les Sertilanges doivent se résoudre à dire adieu à leur maison provençale et à prendre leurs marques dans un petit appartement de la capitale.
Mais ces turbulences ne sont rien en comparaison du cataclysme qui s'abat sur les néo-Parisiens, peu de temps après leur installation. La télé tombe en effet en panne au plus mauvais moment, le soir de la finale de « Regardez-les vivre », l'émission de télé-réalité préférée de toute la famille. Comment surmonter ce coup du sort ? La solution : se poster à la fenêtre pour suivre discrètement le programme sur l'écran des voisins... Et mettre ainsi le doigt dans un engrenage fatal. Armée de jumelles, Brigitte en vient bientôt à épier jour et nuit les faits et gestes des habitants de l'immeuble d'en face, à les imiter, et au final à vivre sa vie par procuration, délaissant peu à peu ses enfants et entraînant son mari sur une pente vertigineuse.

Laurence Jyl signe une comédie réjouissante - légère en apparence et ironique sur le fond - au sujet du monde d'aujourd'hui où chacun veut avoir droit à son quart d'heure de célébrité. Par un habile jeu de miroirs et de mise en abyme, Le Coût de la panne met en exergue l'influence et le pouvoir de la télévision.

Mes impressions

J'ai lu ce livre la semaine passée et j'ai attendu d'écrire mon billet pour voir ce qu'il allait en ressortir, les traces qui l'allaient laisser.

Le coût de la panne est une fabuleuse lecture de détente.

En effet, la vie de Zoé, une gamine de 10 ans, était tout à fait paisible jusqu'au jour où son père est muté à Paris et surtout, jusqu'au jour où cette satanée télé décide de rendre l'âme !!

Les trois filles de la maison regarde une émission de téléréalité et pour rien au monde, elles ne manqueraient le prime time ! Alors ni une ni deux, elles se procurent des jumelles et regardent le tout sur le téléviseur du voisin !!!

Et, malheur, quelle idée ! Ce sera la perte de ce couple !

Au lieu de racheter une tv, ils vont continuer, sur la maman à utiliser les jumelles !

On a parfois l'impression que ça va s'arranger, puis pas du tout.

J'ai bien ri mais je crois que le sujet aurait pu être poussé encore plus loin... Quitte à aller sur ce terrain, j'aurais aimé y voir une famille qui se déchire vraiment...

On reste malgré tout en surface tout au long du roman... Et même si c'est bien d'en rire, si bien d'y réfléchir, aussi.

Pourtant, j'ai passé un moment drôle, sans prétentions !

Une semaine après, j'ai encore le sourire en y pensant !

Merci au Blog-o-book et aux Editions Laffont.
Par Celsmoon
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Jeudi 29 octobre 2009

Ce blog a décidé  de s'associer à un projet ambitieux : chroniquer l'ensemble des sites de la rentrée littéraire ! 
Vous retrouverez donc aussi cette chronique sur le site Chroniques de la rentrée littéraire qui regroupe l'ensemble des chroniques réalisées dans le cadre de l'opération. Pour en savoir plus c'est ici.

Présentation de l'éditeur

" Les hommes sont arrivés chez Julia en pleine nuit. Ils se sont présentés à plusieurs, cinq, six, elle n'est plus très sûre, ils ont tambouriné à sa porte comme des forcenés et ils ont dit tu dois venir l'institutrice, tout de suite, on a arrêté Papa, il est là, à deux pas, il faut que tu lui apportes à manger et que tu le nettoies un peu, tu sais, il n'est pas beau à voir, allez viens. C'était au milieu du noir et c'est ce qu'ils ont dit, braillé, grogné même, tu dois venir l'institutrice, avec des gestes paniqués, implorants. Voilà comment ça s'est passé. Les gars étaient fous, leurs yeux brillaient de fièvre, on aurait cru qu'ils avaient vu le diable. "

Mes impressions

On commence le roman à vif... pas de mise en conditions, pas de référents, on est pris au piège... au piège de cette histoire qu'on ne pourra pas refermer avant de l'avoir fini !

L'écriture tient en haleine, on cherche à chaque coin de pages un indice qui nous dira où on est... mais le doute plâne jusqu'au bout.

Julia ne se remet pas de sa déception amoureuse, elle est obsédée par Beethoven et est complètement perdue.

Papa, c'est le prisonnier, tout le monde le recherche et ils l'ont, enfin, trouvé !

Ils vont communiquer (un peu), le corps et son langage étrange, la force de sentiments inattendus.

C'est la guerre, c'est sûr, le mystère de la vie... et celui, de la mort.

Je reste perplexe à la lecture de ce roman. Je ne sais pas ce que j'attendais de lui mais je n'ai pas l'impression que c'est que j'y ai trouvé...

L'écriture a de grandes qualités mais est-ce que cela suffit ?

Je ne sais pas si je m'en souviendrai, je ne sais pas.

Merci à Ulike et aux Editions Stock.






Par Celsmoon
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Mardi 13 octobre 2009
Présentation de l'éditeur

Chaque jour, Mathilde prend la ligne 9, puis la ligne 1, puis le RER D jusqu'au Vert-de-Maisons. Chaque jour, elle effectue les mêmes gestes, emprunte les mêmes couloirs de correspondance, monte dans les mêmes trains. Chaque jour, elle pointe, à la même heure, dans une entreprise où on ne l'attend plus. Car depuis quelques mois, sans que rien n'ait été dit, sans raison objective, Mathilde n'a plus rien à faire. Alors, elle laisse couler les heures. Ces heures dont elle ne parle pas, qu'elle cache à ses amis, à sa famille, ces heures dont elle a honte.
Thibault travaille pour les Urgences Médicales de Paris. Chaque jour, il monte dans sa voiture, se rend aux adresses que le standard lui indique. Dans cette ville qui ne lui épargne rien, il est coincé dans un embouteillage, attend derrière un camion, cherche une place. Ici ou là, chaque jour, des gens l'attendent qui parfois ne verront que lui. Thibault connaît mieux que quiconque les petites maladies et les grands désastres, la vitesse de la ville et l'immense solitude qu'elle abrite.
Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Autour d'eux, la ville se presse, se tend, jamais ne s'arrête. Autour d'eux s'agite un monde privé de douceur.
Les heures souterraines est un roman sur la violence silencieuse. Au coeur d'une ville sans cesse en mouvement, multipliée, où l'on risque de se perdre sans aucun bruit.

Mes impressions


S'il y avait un livre que je devais me procurer pour cette rentrée littéraire, c'était celui de Delphine de Vigan.

Mon coup de coeur pour No et moi  me portait dans ce choix.
 
Malheureusement, je ne peux vous cacher ma déception.

Je crois que ce n'était pas le moment pour moi.

Des êtres épuisés par la vie, je n'avais pas besoin de ça...

Lire à quel point la société ne fait pas attention à ce que l'on est vraiment, lire à quel point un idiot peut vous faire sombrer, lire à quel point l'autre sait être votre pire ennemi...

Je le sais mais je ne voulais pas l'entendre !

Je viens de finir les heures souterraines et j'ai comme un noeud à l'estomac.

Je n'avais pas envie de vivre cela et pourtant, je suis allée au bout de la lecture...

L'écriture est fluide, les sentiments sont justes mais vraiment, il manque le "je ne sais quoi" qui fait qu'on se dit parfois :
" ça m'a fait du mal mais c'est grandiose".

Je suis juste triste d'avoir lu car la violence silencieuse m'a parlé.

A ne pas mettre en toutes les mains !

Edit du 13 Octobre 2009

Il est rare que je revienne sur ce que j'ai dit car l'impression que me laisse un livre au moment où je le ferme est souvent la bonne.

Or, quand j'ai écrit cette chronique, j'étais à vif...

Les émotions de la protagoniste étaient ceux que je ressens (parfois) en ce moment, Delphine de Vigan a décrit avec justesse le gouffre dans lequel (moi aussi) nous pouvons nous enfoncer au travail...

Avec un mois de recul, il ne manque rien à ce livre, il est criant de vérité...

Cette justesse est effrayante tant elle est un maître mot des Heures Souterraines.

J'ai été moins touchée par l'histoire de Thibault, c'est un fait, mais cette descente aux enfers, je la connais !

Tout cela pour dire que ce livre m'apparait aujourd'hui comme un coup de coeur de la rentrée !
Par Celsmoon
Ecrire un commentaire - Voir les 25 commentaires - Recommander
Vendredi 9 octobre 2009
Présentation de l'éditeur

Aldo, en proie à une soudaine inspiration, osa alors lui demander si elle voudrait bien prendre un verre avec lui :
- L'air que vous parfumez dans votre sillage et qui vous suit me subtilise et m'extasie - mon être tout entier est absorbé dans le reflet mouvant de vos cheveux. Tout, autour de moi, s'évanouit - le temps même a cessé de battre. Vibration du possible, caractère brûlant de la passion, mise en suspens comme telle, aiguillon de l'action - je suis tenu en haleine, à la merci de vos moindres mouvements. Votre beauté n'a pas d'égal, ainsi soit-il - vous êtes la plus jolie, telle est mon unique certitude. Vous voir, c'est déjà - consentir à tomber sous le charme ; le reste, à côté, n'est que poésie. Dormir un long sommeil - et n'être réveillé que par cette séduisante façon que vous avez, je n'en doute pas, de porter un verre à vos lèvres carminées...

Mes impressions

Je ne sais plus sur quel blog, je lisais le désarroi de son auteure face à son peu de chance avec les livres en ce moment...
 Pour ma part, c'est le deuxième de la semaine qui me déçoit.

Je ne peux blâmer personne, je l'ai demandé de moi-même au Blog-o-book !

J'aime la philo, j'aime que ça sorte de l'ordinaire, j'aime la poésie mais je n'ai pas aimé ce roman!

Que d'ennui tout au long de ces pages !

Le langage pseudo-philosophique rend le texte lourd et parfois, imbuvable.

L'humour ne m'a pas touché mais j'ai senti les efforts et la volonté de faire drôle.

Il y a comme une intellectualisation du sentiment amoureux qui fait qu'on ne ressent même pas les prémices de l'émoi.

Les références philosophiques, quant à elles, auraient été plus judicieuses, si elles avaient été moins présentes !

La culture comme confiture, non merci...

La deuxième partie ne m'a pas non plus interpellé.

Je remercie toutefois Aux forges de Vulcain et le Blog-o-Book.



Par Celsmoon
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires - Recommander
Vendredi 2 octobre 2009
Présentation de l'éditeur

Une jeune femme tient le carnet de bord de sa grossesse, de cet enfant qu'elle fabrique enfin après l'avoir très longtemps désiré. Aujourd'hui, elle l'attend avec ferveur, enthousiasme, inquiétude : qui sera-t-il ? Conjurera-t-il le souvenir entêtant d'un autre enfant, disparu depuis longtemps ? De ce moment banal et merveilleux, de cette attente infinie, elle note jour après jour les moindres changements, les plus infinies événements et les émotions puissantes qu'ils font naître en elle. Oscillant sans cesse entre peur et bonheur, la vie fait son chemin tandis que l'heure de la rencontre approche pour la jeune mère et son enfant, après neuf mois passés à faire connaissance...

Biographie de l'auteur

Karine Reysset est née en 1974 à Corbeil-Essonnes et a grandi entre Arras, Rouen et la banlieue parisienne. Elle publie son premier livre, L'Inattendue (Editions du Rouergue, 2003) ; suivront En douce (Editions du Rouergue, 2004), A ta place (Editions de l'Olivier, 2006) et Comme une mère (Editions de l'Olivier, 2008). Elle se consacre désormais à l'écriture - elle est également auteur pour la jeunesse - et vit à Saint-Malo.

Mes impressions

Abandonné, oui, je l'ai abandonné.

Je ne m'attendais pas à ça et je ne suis pas prête pour le moment à lire les mots d'une autre femme à ce sujet-là.

Une grossesse tant attendue, les desillusions, la souffrance, l'espoir et la peur.

Le langage est dépouillé, violent, vrai.

Je le mets de côté car un jour, je le lirai en entier.

Une phrase qui m'a marqué tout de même : Donner un contour, un contenant, un contenu à notre amour avant qu'il ne se perde?


Par Celsmoon
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Samedi 26 septembre 2009
Présentation de l'éditeur

Oscar Nexus a tué trois personnes dans la rue, puis il s'est endormi sur les cadavres. Nexus est un marginal auquel son emploi de veilleur de nuit n'a donné qu'un ancrage très fragile dans la réalité. Interné dans une clinique, il est pris en charge par Joachim Traumfreund, un médecin atypique et brillant qui a participé dans sa jeunesse aux mouvements de réforme de la psychiatrie. C'est à lui et à Paulus Rilviero, un officier de police, qu'on confie le soin de tirer au clair les mobiles de Nexus et de déterminer s'il est responsable de ses actes. Afin de se consacrer à ce cas intriguant, Traumfreund transfère le criminel dans une annexe de la clinique, un bâtiment situé dans un coin de montagne que l'hiver isole peu à peu. Une fois sur place, nos deux enquêteurs découvrent que Nexus est un dormeur pathologique qui reprend nuit après nuit le fil du même Grand Rêve. Pour comprendre son crime, Traumfreund et Rilviero vont devoir s'immerger dans cet univers onirique où Nexus mène une véritable vie parallèle. Captivés par les récits du meurtrier, ils sont parfois rattrapés par le doute : comment être sûrs qu'ils n'ont pas affaire à un fabulateur ? A partir de ce fait divers, Les Veilleurs nous entraîne dans une exploration passionnante des territoires de la folie et du sommeil. Reprenant certains codes des grands thrillers hollywoodiens, l'auteur compose une fresque sur la place de l'imaginaire dans la société moderne, plus rationaliste qu'aucune autre, mais aussi fascinée par les mondes virtuels et les faces nocturnes de la réalité.

Biographie de l'auteur

Vincent Message est né en 1983 à Paris. Les Veilleurs est son premier roman.

Mes impressions

Je suis au regret de vous dire que, pour moi, ce roman se trouve au rang des abandons de lecture.

Pourtant quand Suzanne, de Chez Les Filles, me l'a proposé, j'étais très emballée.

Mon ego en avait d'ailleurs pris un coup quand j'ai vu l'année de naissance de l'auteur qui est celle de mon frère.

Cependant, je n'ai pas su rentrer dans l'histoire, je n'ai pas eu la force. Plus les pages défilaient, moi je comprenais...

Je me dis simplement que ce n'était pas le moment pour moi mais je le garde précieusement pour retenter l'aventure plus tard.

Un grand merci malgré tout aux éditions du seuil ainsi qu'à Chez les filles.
Par Celsmoon
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Vendredi 25 septembre 2009


Samedi dernier, je quittais l'Armitière pleine de mots, charmée par la langue que j'avais entendu pendant près d'une heure.


J'ai pris Une année étrangère dans les mains... Chaque fois que j'ai posé le livre pour vaquer à mes occupations, je gardais en moi tous les maux de Laura et les mots de Brigitte Giraud.

Laura quitte la France pour le nord de l'Allemagne en tant que jeune fille au pair. Ebranlée par un drame familial, elle part à la conquête d'elle-même.

Cette histoire m'a parlé, j'ai utilisé le langage de Laura pendant près d'un an... Et pourtant, j'étais fille au pair,ici, en France. On oublie jamais vraiment cette impression initiale d'être un corps étranger au sein d'une organisation familiale bien souvent désorganisée.

"Je me demande qui sont ces gens qui vivent au ralenti, sans exigences et sans règles apparentes, et qui m'obligent à tout modifier en moi, mon rythme, mon énergie, mon jugement."

J'ai souri à maintes reprises en lisant ce livre car comme Laura, j'ai découvert l'album seventeen seconds des Cure durant cette année au pair même si je connaissais les Cure avant. La narratrice décrit mot pout mot ce que je ressentais

"[...] pourtant, ce qu'exprime Robert Smith dont les mots anglais ne m'arrivent que par intermittence - calling my name, somebody else, lost in a forest-, son timbre lancinant, ses hésitations, sont si étrangement familiers qu'il semble avoir mis en musique mon exact état, prolongé chacun de ses membres, incarné la densité de mon trouble de fille qui n'en finit pas d'avoir dix-sept ans."

à la seule exception que j'avais 18 ans.

J'ai souvent eu les larmes aux yeux par la force du ressenti, par la tension constante que nous impose l'auteur.

Ce que va vivre Laura n'a rien de facile, elle patauge, elle tatônne, elle semble perdue et pourtant!

Vous pourriez vous demander à quoi bon lire ce livre si ce ne sont que les aventures d'une ado en crise?

... mais ne vous le demandez pas, lisez, lisez juste...

Le flot est tellement dense, tellement puissant que l'on se met en apnée.

L'écriture de Brigitte Giraud est précise, une sorte de joyau qu'on aurait travaillé jusqu'à la perfection.

Rien n'est dû au hasard, le non-sens n'a pas sa place. L'adverbe, celui qui nuance ou qui accentue.


L'omniprésence du questionnement autour du langage, de la langue, de sa place dans la vie, de la place du mot, rendent compte de certaines obsessions de l'auteur.

A lire de toute urgence, pas de dose homéopathique, il faut abuser de cette langue.

A défaut de trouver la place idéale de Laura, Brigitte Giraud a su trouver celle de chacun de ses mots.
Par Celsmoon
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires - Recommander
Vendredi 18 septembre 2009

Présentation de l'éditeur

Jamil, rescapé d'un voyage clandestin dans le train d'atterrissage d'un Airbus, rencontre Léandra, aide-soignante dans une maison de retraite, qui élève seule son enfant. Jamil ne parle pas, ne révèle rien de son passé. Moniteur de parapente, il vit dans les airs et y entraîne Léandra. Un monde s'ouvre, vertigineux, lorsque Jamil est accusé de meurtre. Quel secret cache cet ange mutique ?

Biographie de l'auteur

Yves Bichet est né en 1951 dans l'Isère. Il se partage entre l'écriture et la construction de maisons en pierre à l'ancienne. D'abord auteur de poésie (Le Rêve de Marie, 1995, ou Clémence, 1999), il se consacre au roman à partir de 1994 (La Part animale, roman adapté au cinéma par Sébastien Jaudeau). Yves Bichet est également scénariste.

Mes Impressions

Si je disais que ce livre ne m'a pas troublé, je crois bien que je mentirais mais dans le trouble, il y a deux états... celui où on frôle l'extase et celui où on se sent mal à l'aise.

C'est l'histoire de Léandra et de Jamil qui partagent un amour singulier où le charnel est roi.

C'est la rencontre de deux êtres de silence, deux êtes que la vie n'a pas épargné!

Seulement, ce n'est pas qu'une petite amourette car derrière le roman, il y a une réalité et le dernier chapitre est comme une claque qui laisse des marques.

L'immagration, les conditions dans lesquelles cela se passe, le rôle des autorités mais les questions qui se posent vraiment sont de l'ordre de l'humanité, de la vie, de la mort...

Que de questions qui se posent et qui laissent un silence... ... ...

Un silence triste, une vague de larmes.

L'écriture est, quant à elle, fabuleuse. Les changements de focalisation selon les situations sont bien amenés. Quand le corps est en jeu, la première personne apparait puis l'on s'éloigne pour les descriptions avec un passage à la troisième personne. Les mots eux même pèsent lourd sur nos émotions.

Merci au Livre de poche.


Une phrase que j'ai notée

" Empaqueter le vivant, confronter les épidermes, comparer les intimités."

Par Celsmoon
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Jeudi 3 septembre 2009

Présentation de l'éditeur

En juin 1833, George Sand, auteur d’Indiana, rencontre un jeune homme de six ans son cadet, Alfred de Musset, poète et dandy à la mode.

"Mon cher Georges [sic], lui écrit-il bientôt, j’ai quelque chose de bête et de ridicule à vous dire. [...] Je suis amoureux de vous."

Les amants passent l’automne à Paris puis partent pour l’Italie. Le fameux séjour à Venise (janvier-mars 1834) tourne bientôt au cauchemar et se termine par une séparation.

Liée au docteur Pagello, Sand reste en Italie tandis que Musset regagne la France.

Ils s’écrivent, se réconcilient au retour de Sand à Paris en août, puis se séparent à nouveau.

Ils renouent en janvier 1835 pour rompre définitivement en mars.


La correspondance de Musset et Sand devait paraître pour la première fois en 1904.

Elle a connu de nombreuses éditions depuis, et l’épisode vénitien a suscité d’innombrables commentaires.

Il restait toutefois à rendre aux événements leur dimension polyphonique en faisant valoir d’autres textes, et entendre d’autres points de vue.

Si elle propose les lettres que les écrivains ont échangées (et qu’ils ont censurées après coup), la présente édition donne également à lire des notes et poèmes de Musset, des extraits des journaux de Sand, des commentaires parus dans la presse de l’époque ; elle reproduit d’autres lettres, dont celles adressées par Sand à ses amis, d’autres documents, dont le récit de sa liaison avec Sand par Pietro Pagello ou les souvenirs de Paul de Musset.

Elle redonne ainsi à l’une des plus célèbres histoires d’amour de la littérature son caractère dramatique, tout ce qu’elle comporte de drôlerie et de tendresse, de manigances et d’emportements, de folie et de chagrin.

Cette grande passion romantique en sort singulièrement rafraîchie : elle donne l’impression de se passer sous nos yeux.



Babel n° 381
Les Epistolaires

août 1999  / 11 x 17,5 / 564 pages

 

Mes impressions


Pour moi, ce livre est plus qu'un simple livre.

Il est un compagnon avec qui j'aime passer du temps, avec qui j'aime frissonner, avec qui j'aime pleurer.

Sand et Musset, c'est une histoire d'amour, une vraie...

une qui vous arrache les tripes, qui vous plie en deux par la souffrance, qui vous fait sentir que vous existez bien.

La passion.

Rien ne pouvait être lisse, on le sait tous, ça ne dure jamais... à moins de se laisser mourir en l'autre.

George Sand et moi, par notre petit échange de commentaires, m'a donné envie de me replonger dans leur univers, me laisser à nouveau emporter par le flot de leurs émotions...

Sand n'avait pas peur d'aimer, elle n'avait pas peur de vivre, elle était.

J'envie souvent cette période de l'histoire où le seul moyen de communication à distance était le courrier...

Recevoir une lettre, sentir les mains de l'autre à chaque ligne lue, sentir l'odeur de l'encre!

La passion d'écrire.

La violence de l'amour est celle aussi qui vous torture quand la plume se fait insistante.



Une lettre qui me touche

George Sand à Alphonse Fleury.

[Marseille, 18 décembre 1833.]

Mon ami, je suis à Marseille et dans deux jours je serai sur mer. Je vais à Pise et peut-être à Naples. Je ne verrai pas votre mariage. [...] Moi aussi j'ai repris ma part dans la véritable vie de l'âme, et je n'ai pas pu faire autrement que la prendre au sérieux. Nous nous vantons, mon ami, quand nous prétendons avoir fini avec les passions. Elles se rallument plus profondes et plus absolues que jamais le jour où nous croyons jouer avec elles. C'est qu'en vérité, il n'y a que cela au monde pour certains caractères et qu'il faut se tuer ou se laisser mourir d'ennui quand on a le coeur vide. Tant que l'amour dure, on est heureux, tout le monde vous dit que cela doit finir et vous laisser plus misérable qu'auparavant. On en fait soi-même la funeste expérience. Eh bien on ne veut plus s'en souvenir, on ne peut croire ce que vous prédisent les autres, on se flatte d'obtenir ce qu'on n'a pas obtenu, on croit en soi-même. On est fou et on est sage en même temps, car la foi seule fait l'amour, et qui n'a pas l'un n'a pas l'autre.

*******



Je dédie ce billet à Pierre.

 


 


Par Celsmoon
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Jeudi 27 août 2009
Présentation de l'éditeur

La pièce montée arrive, sur un plateau immense porté par deux serveurs.

Vincent voit osciller au rythme de leur marche cette tour de Babel en choux à la crème, surmontée du traditionnel couple de mariés.

Il se dit : C'est moi, ce petit bonhomme, tout en haut. C'est moi. Il se demande qui a pu inventer un gâteau aussi ridicule.

Cette pyramide grotesque ponctuée de petits grains de sucre argentés, de feuilles de pain azyme vert pistache et de roses en pâte d'amandes, cette monstruosité pâtissière sur son socle de nougatine.

Et ce couple de mariés perché au sommet, qu'est-ce qu'il symbolise, au juste ?

B. L. C.

Mes impressions

Reçu la semaine dernière pour notre livre du 15, j'ai dévoré ce livre en quelques heures.

On ne peut s'empêcher de penser à son propre mariage.

Pour ma part, cela m'a conforté dans mon choix de simplicité quand nous avons célébré le nôtre:  pas de chichis, pas de liste de mariage, un moment de pure amitié.

Rien à voir avec le mien, Vincent et Bérengère sont issus de grande famille... un mariage en grande pompe.

Le point fort de ce livre, ce sont les différents points de vue.

Le lecteur bénéficie d'une vue intérieure, on se faufile dans les pensées de plusieurs convives.

Le premier regard , celui de Pauline, une enfant, m'a mis mal à l'aise; m'a même rendu triste !
On évince la petite Lucie parce qu'elle est trisomique et qu'elle pourrait gâcher le souvenir de ce merveilleux jour, ce jour parfait !
Ca m'a donné envie de vomir mais c'est tellement vrai.


Je ne vais pas vous lister les personnages que visite la narratrice mais j'ai eu un coup de coeur pour Marie, la soeur ainée de la mariée qui représente la difficulté de se détacher, parfois, de l'avis de nos mères, l'amour véritable, ainsi que la liberté !

Chacun se retrouve mis à nu, l'apparat ne compte plus, la plus superficielle sera finalement une des plus touchantes.

Et être mis à nu dans un mariage aussi vernis que celui de Bérengère et Vincent donne du piment à ce moment surfait.

Un bal de névrosés, le lisse s'écaille et la pièce est démontée.

L'avis de Bookworm


Par Celsmoon
Ecrire un commentaire - Voir les 17 commentaires - Recommander
Mercredi 19 août 2009
Présentation de l'éditeur

Théo n'a pas survécu plus de six mois à la mort de Vincent... Au jeune frère, Judith Perrignon a emprunté sa voix et ses souvenirs pour écrire une histoire en forme de compte à rebours, un court moment où le nom de Vincent Van Gogh évoque un homme parmi d'autres et pas encore un mythe.


Biographie de l'auteur

Judith Perrignon est journaliste et écrivain. Elle a reçu le prix Marianne 2007, décerné par la chambre des notaires de la Moselle, pour " C'était mon frère... ".



Mes impressions

Emilie m'a envoyé ce livre pour notre poche du 15.

J'aime Van Gogh pour sa façon de peindre, pour sa singularité, pour son ciel.

Ce livre est davantage touchant qu'il ne concerne pas les polémiques  que Van Gogh a subi de son vivant et même post-mortem.

On y découvre un homme de passion et l'admiration sans limite de son frère.

On y croise Gauguin, Toulouse-Lautrec, Pissaro, ...

Donnez une voix à Théo est une idée originale et pleine d'humilité.

J'ai entrevu les disputes que pouvaient avoir ces deux frères, ressenti l'amour et les mythes qui les ont liés jusqu'à la mort, lu leurs lettres comme des joyaux d'intimité.

Un peintre, un homme, un frère.

Par Celsmoon
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Lundi 17 août 2009
Quatrième de couverture

« De quel calvaire suis-je donc descendue pour tout vendre d’un coup ? Et fuir pendant des jours, des jours et des jours. Vouloir oublier. Et de fuites en aiguille. Tellement de brouillards qui dansent. Des lambeaux de souvenir sur la cime des arbres à 40 %. Et. »

Une jeune femme du nom d’Élie quitte tout pour aller s’installer au fond des bois. Elle veut tourner la page, refaire sa vie, recommencer à zéro. Mais voilà, il y a les autres, ses nouveaux amis de la place, musiciens et musiciennes tous plus singuliers les uns que les autres. Il y a surtout Agnès, une enfant battue de huit ans qui s’attache à elle surle- champ. Élie parviendra-t-elle, grâce à eux, à se pardonner ses erreurs passées, à commencer un nouveau chapitre de sa vie ?

Whisky et paraboles est le journal d’Élie qui s’y exprime avec la plus grande liberté. En triturant les mots, en bousculant les phrases, elle cherche à exorciser les vieux démons de l’immobilisme, du prêt-à-penser et de la parole toute faite.

Mes impressions

J'ai reçu la semaine passée un petit colis du Québec... un petit colis d'anniversaire.
Dedans se cachait un livre qui n'aurait sans doute jamais atteri dans mes mains si Abeille n'avait pas pris soin de m'envoyer son exemplaire.

J'ai lu ce premier roman d'une traite, d'un souffle.
Une fois que l'on commence, on ne peut s'en détacher.

Sous forme d'un journal, Elie nous livre ses angoisses, ses désirs, son amour pour cette enfant meurtrie.

L'écriture est significative dans sa forme, suivant souvent les codes du langage oral.
J'ai entendu à plusieurs reprises l'accent Québécois par le rythme des phrases.

La narratrice finit rarement ses phrases; Richard, son gros gras grand voisin, passe son temps à jurer; Amorosa, Agnès la petite, répète les phrases qui l'interpellent; Manu, l'Amérindien utilise le langage des sages, fort de métaphores.

Il y a d'autres personnages, chacun d'entre eux est une histoire.

Je m'aperçois en rédigeant ce billet qu'il est difficile de parler de ce roman tant il vient piocher en vous, un vécu qui vous est propre, et vous emporte comme un personnage de plus dans l'histoire d'Elie.

Notre narratrice cache un secret qui la dévore mais qui ne dévore pas le lecteur, non qu'on ne devienne pas curieux mais ce que l'on souhaite , c'est qu'elle soit enfin libérée...

J'ai aimé le rôle du conteur, tout le sens que prend ce personnage sans nom.

Il détient les mots, il détient la fin et c'est pour cela qu'il ne dit rien.

Cette fin, ce n'est pas à lui de nous la conter mais à Elie.

Une quête de soi entre alcool et paraboles, un moment dépouillé.

On entend la musique courir entre les pages, cette langue débordante de musicalité, de mots pansements.


*******
Un grand Merci à toi Caro !





Par Celsmoon
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mercredi 12 août 2009
Présentation de l'éditeur

J'ai beaucoup lu, depuis très longtemps. Je suis une lectrice assidue, une amoureuse des livres. On pourrait le dire ainsi. Les livres furent mes amants et avec eux j'ai trompé ton grand-père qui n'en n'a jamais rien su pendant toute notre vie commune. Jade eut l'impression que Mamoune lui assénait cette révélation comme si elle avait fait le trottoir, transformant la lecture en une activité inavouable.


Mes impressions

Suite à une chute sur mon lieu de travail, je me retrouve avec deux entorses et je ne peux taper qu'à une main ! Je vous le dis moi ! C'est du sport !!

Ce matin alors que j'attendais aux urgences... j'ai fini la grand-mère de Jade... avec tant d'émotions que j'ai retenu mes larmes...

C'est la rencontre entre Jeanne dit Mamoune et Jade, sa petite fille, l'une ex-jeune et l'autre future vieille.

Suite à un petit malaise, Jade enlève sa mamoune avant qu'elle ne soit internée dans une sorte de maison de retraite.

Deux portraits magnifiques prennent vie de pages en pages ...

Jade, jeune trentenaire, en proie au questionnement métaphysique va à aller à la rencontre d'elle même.

Jeanne, octogénaire, va elle aussi se découvrir ou plutôt, enfin, s'ouvrir.

Cinquante ans les séparent et pourtant, tout les lie.

Plus qu'une simple histoire maternelle, c'est une histoire de mots; une sublime réflexion sur l'écrivain, sur le lecteur...

Les doutes, la banalité qui parfois guette celui qui écrit, la douleur qui nous prend quand on se livre ...

J'ai été touchée par les figures masculines qui sont comme des révélateurs où la sensualité se mêle à la découverte de soi.

Néanmoins, je ne m'attendais pas à cette fin, j'étais déjà remuée par diverses émotions mais quelques heures après, je peux vous dire que ce livre est un véritable condensé de séduction, de tendresse et d'amour.

Un hymne à la littérature, aux écrivains, aux lecteurs... à cette grande famille que nous formons, à la vie.

Je n'ai pu m'empêcher de penser à ma propre grand-mère.

Encore un grand coup de coeur !

**** Je mettrais des extraits dès que possible ****
Par Celsmoon
Ecrire un commentaire - Voir les 21 commentaires - Recommander
Samedi 25 juillet 2009
Quatrième de couverture

La mère, La Varienne, c'est l'idiote du village. La petite, c'est Luce.
Quelque chose en elle s'est arrêté.
Pourtant, à deux, elles forment un bloc d'amour. Invincible. L'école menace cette fusion.
L'institutrice, Mademoiselle Solange, veut arracher l'enfant à l'ignorance, car le savoir est obligatoire.
Mais peut-on franchir indemne le seuil de ce monde ?
L'art de l'épure, quintessence d'émotion, tel est le secret des Demeurées.
Jeanne Benameur, en dentellière, pose les mots avec une infinie pudeur et ceux-ci viennent se nouer dans la gorge.

Mes impressions

Ce petit roman m'a bouleversé !

C'est un condensé de poésie... une poésie des mots, une poésie des êtres !

Les mots comme les êtres nous inspirent confort, amour et parfois, dégôut... alors quand on les écrit, ils prennent vie, au risque de nous ébranler, au risque de nous faire aimer...

Jeanne Benameur nous offre l'histoire d'un amour indestructible entre une mère et sa fille.

Un amour si fort qu'on a peur qu'il se transforme.

Luce est la raison d'exister de la Varienne.

On pourrait se dire qu'elle est bête et qu'après tout, elle doit pas ressentir grand chose mais l'essence de l'amour, elle l'a.

La petite Luce pour garder cet amour précieux, va rejeter les mots...

Madame Solange, l'institutrice, va s'en rendre malade car elle comprends que même si elle a les mots, elle restera seule.

Un jour, un sourire, la mort, les mots, une vie.

L'avis D'Abeille qui m'a donné envie de lire ce petit chef-d'oeuvre.

Des extraits

" A coups de boucles et de traits, elle lie parti avec le monde, hésitante. "

" Elle demeure. Abrutie comme sa mère. Aimante et désolée. "

" L'institutrice est au seuil de ce monde. (..) Elle mènera cette enfant au seuil du monde, par les mots. "

" A elle, il faudra toujours et des mots et des livres et nommer les choses ne la délivrera pas. "

" Ils sont tous là, les mots de Mademoiselle Solange, prêts.
   Elle les garde.
   Ils sont vivants. "



Par Celsmoon
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander

Celsmoon

Chut on lit...






Here we Go



En cours de préparation, quasiment fini.


Colis prêt


Mes choix pour le moment:

La mécanique du coeur de Mathias Malzieu (choix de Laël)
Pierre de Lune de Wilkie Collins (choix de Cryssilda)
Le canapé rouge de Michèle Lesbre (choix de Aifelle)







 

 

Boris Vian, Le 1er Novembre
Primo Levi, Le 1er janvier


 

Recherche

J'ai Faim :o)

Mon blog se nourrit de vos commentaires !
 Miam Miam !



Des liens qui font des liens

Wikio - Top des blogs - Litterature

 

 


 
Paperblog



Recommander

C'est à vous !

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés